Adecco a souffert sur le marché allemand en fin d'année

AWP

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Le quatrième trimestre vire au rouge à cause d’une dépréciation inattendue de 270 millions d’euros. Le bénéfice annuel recule de 42%. Sanction des investisseurs.

Les turbulences sur le marché du travail en Allemagne, notamment celles qui frappent le secteur automobile, ont pesé sur la performance d’Adecco en fin d’année. Le géant du placement de personnel a dû inscrire une dépréciation inattendue de 270 millions d’euros qui a fait plonger le quatrième trimestre dans les chiffres rouges.

Les soucis rencontrés lors du dernier partiel ont entraîné une chute du bénéfice net annuel à 458 millions d’euros (520,1 millions de francs), soit une contraction de 42% par rapport à l’exercice précédent, a indiqué jeudi Adecco.

L’Allemagne a causé passablement de problèmes au numéro un mondial du travail intérimaire. Les sombres perspectives du marché automobile, sur fond de scandale du diesel, ont conduit Adecco à revoir sa copie. «En Allemagne, nous réalisons 30% de nos recettes avec l’industrie automobile», a rappelé à AWP le directeur Alain Dehaze.

La faible croissance enregistrée outre-Rhin ces derniers trimestres, moins bonne que celle de l’Europe, figure également parmi les causes qui expliquent la correction de valeur de 270 millions.

Le patron belge d’Adecco a encore évoqué un changement réglementaire qui limite la durée pendant laquelle un travailleur intérimaire peut être employé et qui a pénalisé le géant zurichois.

Attentes déçues

Les résultats du groupe au quatrième trimestre ont clairement manqué les attentes des analystes sollicités par AWP. La plupart de ces spécialistes relativisent toutefois la contre-performance.

Tout aussi surprenante qu’elle soit, la dépréciation de 270 millions ne doit pas faire oublier un niveau de rentabilité - hors effets extraordinaires - assez solide, affirme une majorité d’entre eux.

Alain Dehaze estime également que son groupe s’est bien défendu au quatrième trimestre, malgré un ralentissement conjoncturel mondial. «Nos activités aux Etats-Unis et au Japon se sont très bien développées.» La dynamique reste intacte sur ces marchés en ce début d’année.

Par ailleurs, la situation en Europe est difficile, mais pas catastrophique. «Nos clients ne sont pas en train de se restructurer, comme en cas de récession», a assuré M. Dehaze.

Au quatrième trimestre, les recettes se sont inscrites à 6,13 milliards d’euros, en hausse de 1%. Les effets de change n’ont pratiquement pas eu d’impact sur cette progression, tandis que les fusions/acquisitions ont contribué à la moitié de cette hausse. Organiquement, le chiffre d’affaires a cependant reculé de 1%.

Encore 70 millions d’économies

Le résultat opérationnel (Ebita) s’est étiolé de 14% à 235 millions. Ajusté des effets exceptionnels, cet indicateur affiche une hausse de 6% à 294 millions. Le dernier partiel a bouclé sur une perte nette de 112 millions, à comparer au bénéfice de 297 millions douze mois auparavant.

L’assemblée générale du 16 avril devra se prononcer sur un dividende inchangé de 2,50 francs par action.

Le début d’année 2019 s’est avéré difficile pour le groupe. En janvier, les revenus ont reculé de 2% sur un an. Le ralentissement se poursuit en raison de la faiblesse des marchés européens, précise le communiqué. Une amélioration en Allemagne devrait intervenir au deuxième semestre, selon Alain Dehaze.

Pour les analystes de Morgan Stanley, le concurrent néerlandais Randstad - qui est au coude-à-coude pour la première place mondiale - a connu une marche des affaires plus flatteuse depuis le début de l’année.

Afin d’améliorer sa rentabilité, le groupe zurichois a économisé 50 millions en 2018 et compte réduire ses coûts de 70 millions supplémentaires cette année. Parallèlement, des investissement de 200 millions seront consentis jusqu’en 2020.

A la Bourse, l’action Adecco a terminé sur un recul de 3,2% à 51,86 francs, dans un SMI en baisse de 0,25%.