Bénéfice net en chute libre pour ABB au deuxième trimestre

AWP

2 minutes de lecture

Affichant cependant des ventes et des commandes en hausse, le géant zurichois de l’électrotechnique n’a pu dégager qu’un petit bénéfice net de 64 millions de dollars.

ABB a vu sa rentabilité plonger au 2e trimestre, conséquence notamment de la vente à perte de son activité dans les onduleurs solaires. Affichant cependant des ventes et des commandes en hausse, le géant zurichois de l’électrotechnique n’a pu dégager qu’un petit bénéfice net de 64 millions de dollars, 91% de moins que les 681 millions engrangés douze mois auparavant.

En ne considérant que les activités poursuivies, suite à la cession en cours à Hitachi de l’ex-division de équipements pour réseaux électriques Power Grids, ABB a achevé le 2e trimestre sur une perte nette de 54 millions de dollars (52,7 millions de francs), contre un montant positif à hauteur de 524 millions à fin juin 2018, indique jeudi la multinationale sise à Zurich. Le débours reflète la vente à perte annoncée il y quelques jours des onduleurs solaires, celle-ci se soldant sur une charge exceptionnelle de 455 millions.

Le bénéfice net trimestriel des activités abandonnées s’est lui inscrit à 142 millions de dollars. Le résultat opérationnel Ebita s’est contracté de 4% à 825 millions. A taux de change constants et sur une base comparable, il a cependant augmenté de 1%. La marge correspondante s’est réduite de 110 points de base à 11,5%.

Le repli de la rentabilité illustre également encore une fois les coûts liés à l’intégration de General Electric Industrial Solutions (GEIS), les activités acquises à General Electric, ainsi que des charges pour des prestations fournies par le groupe à la division réseaux électriques qui ne répondent pas aux critères permettant de les comptabiliser comme activités abandonnées.

Revenus et commandes en hausse

Quant au chiffre d’affaires, il s’est étoffé de 7% à 7,171 milliards de dollars. Exprimée en devises locales et hors changements du périmètre de consolidation, la croissance s’est hissée à 2%. La bonne tenue des ventes dans les divisions Electrification, Automation industrielle et moteurs a permis de compenser la performance plus faible du segment Robotique et automation. Les entrées de commandes ont gagné 4% à 7,4 milliards de dollars.

Du point de vue géographique, l’évolution des affaires est restée contrastée. En Europe, les commandes sont restées stables, alors qu’elles crû dans les Amériques sous la poussée enregistrée au Brésil et au Chili. En revanche, les ordres ont fléchi en Asie, Moyen-Orient et Afrique.

Selon les catégories de clients, les commandes des industries pétrolière, gazière et minière ont crû. Mais ABB a connu des difficultés dans l’industrie automobile ainsi que dans le secteur manufacturier.

La performance s’est révélée supérieure aux attentes moyennes des analystes. Sondés par AWP, ces derniers avaient anticipé des entrées de commandes de 7,26 milliards de dollars, un chiffre d’affaires de 6,964 milliards et un Ebita opérationnel de 814 millions.

Prudence de mise

«En dépit de vents contraires sur certains marchés et secteurs d’activité, nous sommes parvenus à atteindre une solide croissance» a déclaré lors d’une conférence téléphonique Peter Voser, le président du géant zurichois et directeur général par intérim depuis le départ d’Ulrich Spiesshofer. Le processus de cession de Power Grids suit son cours et devrait être sous toit comme annoncé précédemment au printemps prochain.

L’intégration des activités reprises à General Electric avance conformément au plan prévu. Près de 80% des salariés ainsi que les équipes de ventes ont été regroupés et les synergies en matière de coûts ont pu être dégagées, comme attendu.

A l’heure de tracer ses perspectives, ABB demeure prudent. Alors que les signaux conjoncturels divergent pour l’Europe et la Chine, les Etats-Unis s’orientent sur une phase de croissance durable. Les principaux marchés d’ABB devraient demeurer robustes, malgré quelques vents contraires dans l’industrie. L’évolution des prix du pétrole et des taux de change continueront d’influencer la performance du groupe.

Les investisseurs ont réajustés leurs intentions au fil de la journée, comme l’avaient anticipé certains courtiers relevant que la performance supérieure aux attentes des analystes reflète aussi la réduction de ces mêmes anticipations ces dernières semaines.

Après une ouverture en fanfare à la Bourse suisse, l’action ABB a peu à peu perdu du terrain pour finalement échouer en zone négative et clôturer en baisse de plus de 2,1% à 18,56 francs, alors que le SMI des valeurs vedettes a clôturé en recul de 0,31%.