Le pétrole chute à la clôture, tournant le dos à l’accord de l’Opep

AWP

1 minutes de lecture

Le Brent finit sous les 63 dollars, en baisse de 4,1%, et le WTI termine près du seuil des 56 dollars, en recul de 4,2%.

Les prix du pétrole ont nettement reculé mardi malgré le prolongement de l’accord de réduction de la production décidé par l’Opep et ses alliés, les investisseurs s’inquiétant du ralentissement économique mondiale et d’une baisse de la demande.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre a terminé à 62,40 dollars à Londres, en baisse de 4,1% par rapport à la clôture de lundi.

A New York, le baril américain de WTI pour livraison en août a perdu 4,2% à 56,25 dollars.

«Les investisseurs avaient déjà parié sur un accord dans les semaines précédant le compromis de Vienne», a affirmé Robbie Fraser de Schneider Electric, en référence à la reconduction d’un accord des 14 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix pays partenaires, parmi lesquels la Russie.

Cet accord, datant de décembre dernier, vise à réduire leur offre cumulée de 1,2 million de barils par jour (mbj) par rapport à leur production d’octobre 2018.

L’extension jusqu’à mars 2020 de leur engagement intervient alors que les prix restent sous forte pression, entre une offre abondante alimentée par le boom du pétrole de schiste américain et une consommation mondiale en berne sur fond d’essoufflement économique.

Mais «vu les derniers chiffres, c’était le minimum vital que pouvait faire l’Opep pour empêcher un effondrement majeur des prix», a estimé Tamas Varga, analyste pour PVM.

Citant des données de l’organisation, il a souligné que la hausse de la production des pays non membres avait dépassé l’augmentation modérée de la demande mondiale ces derniers mois.

Et «avec des tensions commerciales qui vont probablement s’accroître d’ici à 2020, les calculs pourraient montrer que la baisse de la production ne va pas beaucoup tirer les prix vers le haut», a souligné Michael Hewson, analyste pour CMC, malgré la récente trêve commerciale conclue entre les Etats-Unis et la Chine.

Outre les incertitudes sur le bras de fer entre Pékin et Washington, les courtiers étaient confrontés à de nouvelles craintes d’escalade des tarifs entre les Etats-Unis et l’Europe, et à leurs potentiels effets sur la croissance et donc la demande en énergie.

Washington a annoncé lundi le lancement de consultations en vue d’imposer à l’Union européenne de nouvelles taxes notamment sur des fromages et whiskies européens, en rétorsion à ce qu’ils estiment être des subventions abusives aux constructeurs aériens de la part de l’UE.