Le pétrole remonte mais le marché scrute un surplus d’offre

AWP

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Le Brent frôle la barre des 61 dollars vers 16h25 et le WTI s’approche de celle des 52 dollars.

Les cours du pétrole montaient jeudi en cours d’échanges européens sans effacer les lourdes pertes des dernières séances dans un marché inquiet de voir les stocks et la production grimper aux Etats-Unis alors que la demande s’amenuise.

Vers 14H25 GMT (16H25 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 60,90 dollars à Londres, en hausse de 27 cents par rapport à la clôture de mercredi.

A New York, le baril de WTI pour le contrat de juillet gagnait 7 cents à 51,75 dollars.

Malgré ce rebond, «essayer de parier contre la baisse des prix est aussi dangereux que d’attraper un couteau qui tombe», a prévenu Neil Wilson, analyste chez Markets.com.

En effet, la chute récente des cours du pétrole a de quoi donner le vertige. Le Brent, qui culminait fin avril à 75,60 dollars, a perdu près de 19% depuis, tandis que le WTI a chuté de plus de 21% par rapport à ses sommets, à 66,60 dollars, atteint à la même période.

Ils évoluent désormais proches de leurs plus bas depuis la fin janvier, et leurs gains de 2019 ont fondu (+13% depuis le début de l’année).

L’essentiel de ces pertes s’est concentré sur trois séances la semaine dernière, un phénomène «très inhabituel» pour les analystes de Morgan Stanley, qui soulignent que de telles périodes de ventes se retrouvent historiquement lors de récessions ou durant le contre-choc pétrolier de 1986.

Et si certains acteurs du marché espéraient que la chute des prix était due à des spéculations sur la guerre commerciale menée sur plusieurs fronts par Washington, la hausse des réserves des Etats-Unis est venue alimenter l’idée que l’offre d’or noir est trop abondante.

Lors de la semaine achevée le 31 mai, les réserves commerciales de brut ont augmenté de 6,8 millions de barils pour s’établir à 483,3 millions, selon les données publiées par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA).

La production américaine est pour sa part restée à un niveau record (12,4 millions de barils par jour, selon l’EIA).

Dans ce contexte, les investisseurs se tournent vers l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, notamment la Russie, dont l’accord de limitation de la production doit arriver à échéance fin juin.

Alors que les deux poids lourds de l’Opep+, les ministres saoudien et russe de l’Energie, se retrouvent en marge du Forum économique de Saint-Pétersbourg, un possible renouvellement de l’accord devrait être débattu.

Le président russe, Vladimir Poutine, présent au même Forum, a reconnu devant des responsables d’agences de presse qu’il y avait «certaines divergences d’opinion» au sein de l’Opep+.

Selon lui, la Russie se satisfait d’un prix du Brent entre 60 et 65 dollars, alors que certains membres de l’Opep, comme «par exemple l’Arabie saoudite», calculent leur budget en espérant des cours plus élevés.

Même la date de la prochaine réunion de l’Opep+ n’est pas certaine. Officiellement toujours prévue pour la fin du mois de juin, elle pourrait être décalée à début juillet, à la demande de la Russie.