Les tensions entre Washington et Téhéran embrasent le pétrole

AWP

1 minutes de lecture

Le baril de Brent finit en hausse de 4,3%, à 64,45 dollars, et celui de WTI clôture sur un bond de 5,4% à 56,65 dollars.

Les cours du pétrole ont clôturé en forte hausse jeudi, portés par une escalade des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran après la destruction d’un drone américain par Téhéran dans une région cruciale pour le marché mondial de l’or noir.

Déjà en hausse en début de séance, les prix du baril ont accentué leur progression après la publication d’un tweet de Donald Trump affirmant que l’Iran avait «fait une énorme erreur».

A New York, le baril de WTI pour livraison en juillet a terminé en hausse de 5,4% à 56,65 dollars, la plus forte hausse de l’année sur une séance, après avoir pris jusqu’à 6,1%.

A Londres, le baril de Brent pour livraison en août a fini en hausse de 4,3%, à 64,45 dollars, après avoir gagné jusqu’à 4,8%.

Les Etats-Unis ont confirmé jeudi que les forces iraniennes avaient abattu un drone de surveillance de l’US Navy tout en assurant qu’il se trouvait «dans l’espace aérien international» et a dénoncé une «attaque injustifiée».

L’Iran affirme de son côté que le drone se trouvait dans son espace aérien.

«Vous verrez»

Interrogé sur une éventuelle réponse américaine au drone abattu, le locataire de la Maison Blanche est resté évasif: «Vous verrez», a-t-il simplement répondu, avant de sembler vouloir faire baisser la température en évoquant la piste d’une erreur faite par quelqu’un de «stupide».

L’escalade et la multiplication des incidents dans la région du Golfe font en tout cas craindre qu’une étincelle ne mette le feu aux poudres.

«Clairement la situation se dégrade rapidement et le marché l’intègre tout aussi rapidement», a commenté John Kilduff, spécialiste du courtage en énergie pour Again Capital.

Les autorités américaines «pourraient annoncer une riposte (...) qui serait probablement proportionnelle», a avancé M. Kilduff. «Peut-être que cela va en rester à ce stade pour l’instant mais les prix du pétrole vont suivre de près la situation.»

Robbie Fraser de Schneider Electric avait souligné plus tôt dans la journée que «du point de vue de l’offre et de la demande, cette escalade a un impact limité jusqu’à présent, puisque les sanctions américaines ont déjà fait chuter les exportations de brut iraniennes à quasiment zéro.»

«Mais la montée des tensions va alimenter la crainte de voir une recrudescence des attaques sur le trafic de brut et de produits pétroliers dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ 30% du brut transporté par voie maritime à travers le monde», a-t-il ajouté. Il y passe notamment l’essentiel des exportations de l’Arabie saoudite.

«Avec l’Opep qui baisse sa production et les Etats-Unis qui pompent à un niveau record, le marché est bien moins vulnérable à un choc que dans les années passées», a toutefois nuancé Neil Wilson, analyste chez Markets.com.

Le marché du pétrole craint aussi depuis deux mois que l’affaiblissement de l’économie mondiale ne pèse sur la demande.

A cet égard, le fait que la Banque centrale américaine ait assuré mercredi qu’elle était prête à de nouvelles mesures pour soutenir l’expansion face à la persistance des tensions commerciales et au ralentissement de la croissance mondiale, a contribué à la progression des cours du brut.