La chronique des marchés de Vontobel au 15 mai

Jean Frédéric Nussbaumer, Vontobel

2 minutes de lecture

Nasdaq +1,14%, SPX +0,80%, Dow +0,82%, Russell +1,34%, SOX +2,4%, Eurostoxx +1,31%, SMI +0,44%.

 

Wall-Street rebondit sans convaincre. Considérer les pourcentages de hausses ne suffit pas, il faut noter que les indices reculent dans la dernière heure de trading, le cœur n’y pas. Tout cela manque singulièrement de conviction alors que l’indice S&P500 (SPX) et Nasdaq 100 (NDX) ne parviennent pas à clôturer au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours. On peut tout de même dire que l’appétit au risque tente un timide retour hier, à confirmer aujourd’hui. Pas ou peu de nouvelles à se mettre sous la dent au sujet de la guerre commerciale hier, si ce n’est la rhétorique habituelle de Donald Trump sur le mode «je t’aime moi non plus» à l’égard de la Chine. La Fed est aussi visée à nouveau, on connait la chanson, le président des Etats-Unis veut la mettre sous tutelle, le marché n’en tient pas compte. La volatilité recule significativement, l’indice VIX en baisse de 12% à 18,06, le rendement de l’emprunt US à 10 ans reste inchangé à 2,41%, les monnaies se stabilisent, la paire euro/dollar à 1,1207, l’or ne parvient pas à repasser au-dessus des 1300 dollars par once et le pétrole recule quelque peu, à 61,34 dollars le baril (WTI Light Crude). Les valeurs défensives sont laissées de côté alors qu’on recherche les titres de la tech, à l’approche des résultats trimestriels de Cisco Systems et Alibaba aujourd’hui. Demain ce sera le tour d’Applied Materials et de Nvidia.

Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, qui s’exprimait hier lors d’une conférence à Zurich, estime que les nouveaux droits de douane appliqués par Donald Trump devraient entraîner une hausse de l’inflation et pourraient peser sur la croissance économique. Les taxes d’importation déjà mises en œuvre ont fait légèrement augmenter les prix et ont ralenti la croissance, et «à mesure que les taxes d’importation augmentent, leurs effets seront plus importants, gonflant l’inflation et ayant probablement des effets négatifs sur la croissance», ajoute M. Williams. Face à ces craintes sur la croissance, les marchés estiment que la probabilité d’une baisse des taux directeurs de la Banque centrale américaine cette année est de plus en plus élevée.

Selon l’outil FedWatch du CME Group, la probabilité que le taux des «fed funds» reste stable à 2,25%-2,50% d’ici à la fin décembre n’est plus que de 30%, les autres paris étant à la baisse. Ainsi, il y a actuellement 41,8% de chances pour que le taux directeur soit abaissé d’un quart de point d’ici là, à 2%-2,25%, et il y a 22% de chances qu’il soit ramené entre 1,75% et 2%.

Ce matin les indices asiatiques sont presque tous en hausse, dans le sillage de Wall-Street. Le future SPX traite en hausse de 6 points alors que l’Europe ouvre autour de l’équilibre. On ignore superbement les statistiques décevantes chinoises de la production industrielle et des ventes au détail au mois d’avril.

LafargeHolcim a publié de bons résultats, le titre en progression de 2% à l’ouverture.  

Il y aura beaucoup d’indicateurs macroéconomiques aujourd’hui, à commencer par l’estimation du PIB allemand du premier trimestre à 8h00 ce matin, qui est ressortie légèrement en-dessous des attentes. A 11h00, Eurostat publiera le PIB de la zone euro au premier trimestre ainsi que les données trimestrielles sur l’emploi. Aux Etats-Unis, le programme démarre à 14h30 avec les ventes de détail et l’indice manufacturier Empire State. A 15h15, place aux données mensuelles sur la production industrielle et au taux d’utilisation des capacités, avant à 16h00 les stocks des entreprises et l’indice du marché immobilier de la NAHB. Enfin à 16h30, les investisseurs prendront connaissance des stocks pétroliers hebdomadaires. Ajoutons à cela une intervention à 15h30 du membre de la Fed Randall Quarles devant le comité bancaire du Sénat américain.

La volatilité n’a pas dit son dernier mot, loin de là. A ce propos, hormis la guerre commerciale, il faut suivre ce qui se passe entre l’Iran et les Etats-Unis mais aussi l’attitude de l’Italie, Matteo Salvini semblant prêt à tout envoyer valser avec l’Europe.