La chronique des marchés de Vontobel au 10 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Vontobel

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Nasdaq -0,19%, SPX -0,01%, Dow +0,14%, Russell +1,27%, SOX +0,51%, Eurostoxx inchangé, SMI -0,14%.

Après un début de séance dans le vert, dans l'attente de baisses de taux de la BCE et de la Fed, Wall-Street réduit ses gains en soirée. Les espoirs d'accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis soutiennent la cote, après des déclarations encourageantes de la part du secrétaire américain au Trésor. Le pétrole poursuit sa hausse, l'Arabie saoudite ayant réaffirmé son intention d'appliquer l'accord Opep malgré le limogeage du ministre saoudien de l'Energie. Des rumeurs de plan de relance en Allemagne soutiennent par ailleurs le cours de l'euro et les taux souverains européens. C’est une journée calme, du moins en apparence et au vu des niveaux de clôture des principaux indices. Mais si l’on gratte un tout petit peu, on observe que les titres dits de croissance, principalement les valeurs de logiciels et liées au nuage (cloud), font l’objet de désengagements massifs. On assiste peut-être au début d’une rotation de ces secteurs, qui ont très bien performé ces derniers trimestres et sont désormais probablement trop chers aux yeux de nombreux investisseurs, vers des actions dites «value», des titres plus raisonnables, moins chers, rassurants et moins volatiles. Hier en tous les cas, les secteurs recherchés sont le pétrole, les grands magasins, les banques, l’acier et les composants automobiles. Du côté obscur de la cote, on trouve donc les logiciels et les actions du cloud mais aussi les équipements médicaux et la fintech. Notons enfin un rapport publié par Evercore qui indique que l’exposition nette des hedge funds aux actions de croissance et de momentum a grimpé à un niveau plus observé depuis 9 ans.

Globalement, l’appétit au risque semble encore présent. La volatilité remonte de 1,4%, l’indice VIX à 15,27 ce qui est faible, le rendement de l’emprunt US à 10 ans remonte à 1,64%, l’or repasse en-dessous des 1'500 dollars par once, le pétrole avance à 58 dollars le baril de WTI Light Crude et le dollar rend quelque peu de terrain face à l’euro, la paire à 1,1053 ce matin.

La livre sterling reprend 0,52% à 1,2347 dollar après la publication de chiffres de croissance meilleurs qu'attendu au Royaume Uni. Le PIB a ainsi augmenté de 0,3% en juillet  après avoir stagné en juin, en dépit des inquiétudes liées au Brexit. Hier soir, les députés britanniques ont repoussé pour la seconde fois le projet d'élections anticipées soumis par Boris Johnson, juste avant que le Parlement ne soit suspendu jusqu'au 14 octobre. «Ce gouvernement poursuivra les négociations en vue d'un accord, tout en se préparant à une sortie sans accord», a déclaré le Premier ministre durant la nuit.

En ce début de semaine, les marchés s'interrogent sur l'ampleur des annonces à attendre ce jeudi de la part de la BCE, avant la réunion de la Fed la semaine suivante, les 17 et 18 septembre. Alors que la BCE doit sortir jeudi de son chapeau un nouveau projet de soutien monétaire censé aider l'économie sans pénaliser outre-mesure les banques commerciales, beaucoup de rumeurs circulent sur l'Allemagne et son dogme de l'équilibre budgétaire. Des voix s'élèvent jusqu'à Berlin pour exhorter l'exécutif à utiliser l'important matelas de sécurité dont dispose le pays pour monter un plan de relance richement doté, alors que la récession pointe son nez et que les infrastructures se dégradent.

La production industrielle française et les données sur l'emploi britannique (10h30) précèderont l'étude JOLTS sur les ouvertures de postes. Ce matin, la Chine a annoncé une hausse de 2,8% de ses prix à la consommation en août, pour un consensus positionné à 2,7%, tandis que les prix à la production ont atteint un plancher de trois ans.

Un groupe de 50 procureurs généraux, qui représentent la quasi-totalité des états fédérés américains, a lancé une enquête antitrust visant Google en raison de sa position dominante sur Internet, confirmant les rumeurs récentes. Compte tenu de l'ambiance actuelle, on voit mal comment d'autres acteurs clefs du web, on pense à Amazon.com, pourraient y échapper. Apple tiendra à partir de 17h00 (heure de Genève) sa conférence de rentrée, normalement riche de nouveaux produits et services. Les Etats-Unis pourraient privatiser Fannie Mae et Freddie Mac. Repsol serait bien placé pour racheter plus d'1 milliard de dollars d'actifs d'Exxon Mobil dans le Golfe du Mexique. La dette de Ford Motor passe en catégorie spéculative après l'abaissement à «Ba1» décidé par Moody's. Le directeur financier de la Deutsche Bank estime que sa restructuration n'a, pour l'instant, pas eu autant d'impact que cela était redouté sur la banque d'investissement. Telefonica devrait lancer un vaste plan de départs volontaires en Espagne, avec pour objectif de réduire ses troupes d'un quart, soit 5000 personnes sur 25'000. Softbank, l'un des principaux actionnaires de WeWork, demande à la société de reporter son introduction en bourse, a appris le Financial Times, après des interrogations sur la valorisation. Volkswagen a dévoilé hier une berline compacte électrique, ID.3, que le groupe espère élever au rang de classique à l'image de la Coccinelle ou de la Golf. Axxion demande la démission du président de Sunrise.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices sont partagés. Tokyo progresse de 0,35% à la cloche alors que Hong-Kong traite à l’équilibre. A Shanghai, la bourse recule très légèrement. En Europe les indices ouvrent en léger recul après une «journée pour rien» hier. Le future SPX abandonne 6 points. Les marchés sont clairement en mode «wait and see», la BCE entre en scène après-demain.