L’erreur de Faust

Présélection prix Turgot 2018

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Jean-Hervé Lorenzi, François-Xavier Albouy, Alain Villemeur, Editions Descartes & Cie.

 

L'avis du Club de présélection du prix Turgot
Dominique Chesneau

L’erreur de Faust porte, bien sûr, sur le phénomène social et économique du vieillissement.

Les auteurs de l’ouvrage travaillent sur ce sujet depuis de nombreuses années au sein de la Chaire «Transitions Démographiques Transitions Economiques» hébergée par la Caisse des Dépôts et Consignations. Les thèmes de recherche concernent la retraite, la santé, la vie sociale, la dépendance, les transferts entre les générations. Les auteurs ont publié nombre de contributions, organisé des colloques et tenté ainsi d’influencer les décideurs politiques. Les gouvernants n’ont jamais ou si peu repris les propositions faites; aussi les auteurs ont décidé de changer leur méthode trop marqué par une approche en silo, «Quelle erreur!».

Aussi l’ambition de ce livre est d’expliciter la «Société du Vieillissement» comme un bouleversement majeur, de l’analyser comme tel, d’évaluer les propositions de politique économique et de mettre en exergue le «bien vieillir» considéré comme le bien être des personnes âgées. Les décisions doivent être prises selon une approche globale. Ainsi l’originalité de l’ouvrage provient de l’étude de ce nouveau paradigme formé par la réunion de nombreuses dimensions d’analyse  et une approche transverse du sujet allant au-delà des silos classiques.

L’incompréhension de la société du vieillissement peut tuer la Société. Il faut en maitriser le concept, la genèse, les évolutions passée et future et comprendre qu’une activité socialisée (non enregistrée dans le PIB) permet d’augmenter l’âge de la vie en bonne santé. Cette activité a donc un impact positif sur la production nationale et sur la moindre croissance des dépenses de santé. L’exemple puissant est qu’en reculant l’âge de la retraite on accroit d’autant l’âge à partir duquel la société considère les individus comme «vieux» et donc hors de circuits de socialisation. Sont abondamment commentés – par exemple-bles tableaux de «l’évolution de l’activité socialisée et ses déterminants» et des «états de la maitrise de soi pour une vraie autonomie».

La conclusion attire l’attention sur l’idée reçue de la prévention n’est pas suffisante car d’autant plus «coûteuse» qu’«il est difficile de chiffrer rigoureusement son coût».

Ce livre est articulé autour de deux concepts, celui de la société du vieillissement et celui du souci de soi. Il décrit une société nécessairement différente des précédentes – car la relation intergénérationnelle ne sera plus jamais comme avant – et fait des propositions qui, à l’opposé du rêve de Faust, prennent en compte la collectivité et ses quatre générations et qui s’éloignent d’une vision individualiste afin de créer une société authentiquement humaine et apaisée.

Cela donne un ouvrage original mêlant la philosophie, la phénoménologie, l’économie, le social, l’actuariat.