UniCredit baisse son objectif de chiffre d'affaires

AWP

2 minutes de lecture

UniCredit a revu à la baisse son objectif annuel, visant désormais un chiffre d’affaires de 18,7 milliards au lieu de 19 milliards.

La banque italienne UniCredit a revu à la baisse mercredi son objectif de chiffre d’affaires pour 2019, arguant du contexte difficile marqué par des taux d’intérêt bas, tout en se disant confiante pour la mise en place de son futur plan stratégique.

Au deuxième trimestre, son chiffre d’affaires a reculé de 4,6%, à 4,51 milliards d’euros (4,9 milliards de francs), un résultat inférieur aux attentes. Selon le consensus de 25 analystes fourni par la banque, ces derniers tablaient sur 4,61 milliards.

Conséquence: dans le contexte actuel de taux d’intérêts bas «sur une période qui s’annonce plus longue que prévue», la banque a revu sa prévision de chiffre d’affaires pour 2019, le faisant passer de 19 (chiffre tenant compte de la vente de Finecobank) à 18,7 milliards d’euros.

Mais, a estimé le patron d’UniCredit, Jean-Pierre Mustier lors d’une conférence téléphonique, «le plus important est que la banque confirme son objectif d’un bénéfice net ajusté à 4,7 milliards d’euros.

Ce chiffre est supérieur à l’objectif initial puisqu’avec la vente de Finecobank, et sans les bénéfices de cette dernière, il devrait être désormais à 4,6 milliards, a expliqué le dirigeant français.

UniCredit a aussi maintenu son objectif en terme de capital et d’une rentabilité de fonds propres (ROTE) supérieure à 9%.

«Nous sommes très en avance dans la mise en oeuvre de notre plan stratégique Transform 2019», qui se terminera à la fin de l’année, a noté M. Mustier.

Du côté des résultats trimestriels, le bénéfice net a bondi de 81% à 1,85 milliards d’euros, mais ce chiffre est là aussi inférieur aux attentes (2,22 milliards).

Quant au ratio de fonds durs propres CET1, indice très suivi par les analystes car il mesure la capacité à faire face à des crises, il a reculé de 18 points de base par rapport au premier trimestre, à 12,08%, un niveau qui reste néanmoins extrêmement élevé.

Les analystes de Keefe Bruyette & Woods ont fait état d’un trimestre «peu excitant» avec un bénéfice sous les attentes et des revenus faibles à cause de l’activité de «trading».

___ Action en baisse

Les investisseurs ont immédiatement sanctionné ces annonces. Peu après l’ouverture de la Bourse de Milan, le titre perdait autour de 3%. Depuis un an, il a dévissé de 32%, dans un secteur bancaire italien globalement en berne.

M. Mustier a pris la tête d’UniCredit à l’été 2016 et a mené depuis une vaste réorganisation du groupe qui figurait parmi les banques les moins performantes lors de tests de résistance menés par l’Autorité bancaire européenne (EBA).

UniCredit a levé 13 milliards d’euros, nettoyé ses comptes de milliards d’euros de créances douteuses --des crédits risquant de ne jamais être remboursés-- et supprimé 14.000 emplois équivalents temps plein (ETP). Il a aussi cédé divers actifs, dont l’ensemble de sa participation dans son ancienne filiale Finecobank.

«Les résultats obtenus ces trois dernières années fournissent une base solide pour développer notre futur plan stratégique», qui sera présenté à Londres le 3 décembre, a jugé le dirigeant français.

Selon l’agence Bloomberg, la banque envisage de supprimer jusqu’à 10.000 emplois sur 86.000 dans le cadre de ce futur plan.

Sans donner de chiffres, M. Mustier a reconnu, dans une lettre adressée fin juillet aux employés, qu’il y aurait de nouvelles suppressions d’emplois. Mais il a précisé que cette évolution «serait gérée via des départs en pré-retraite et, comme toujours, de manière socialement responsable».

Les syndicats ont exprimé leurs vives préoccupations et promis de se mobiliser si ces suppressions d’emplois étaient confirmées.

D’autres grandes banques européennes ont annoncé récemment des coupes dans leurs effectifs pour s’adapter au contexte, à l’image de l’allemande Deutsche Bank (18.000 emplois), la britannique HSBC (4.000 emplois) et la française Société Générale (1.600 postes).

Le contexte de taux d’intérêt historiquement bas complique la tâche de faire fructifier l’argent, ce qui pèse à long terme sur les banques commerciales dont les marges se retrouvent aussi compressées sur leurs activités traditionnelles de détail et sur un certain nombre de marchés.