Swiss Re devise le coût des catastrophes à près de 3 milliards en 2018

AWP

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Les incendies en Californie risquent à eux seuls de représenter une douloureuse de 375 millions pour Swiss Re. L'action recule de 1,5%.

Swiss Re prévoit de comptabiliser sur l’exercice écoulé des débours de 2,9 milliards de dollars pour les catastrophes naturelles ou d’origine humaine. Sur le seul quatrième trimestre, la facture des dégâts toutes causes confondues doit s’établir à 1,3 milliard de dollars (presque autant en francs), indique mardi le géant de la réassurance.

Le groupe zurichois estime le montant total des pertes assurées à l’échelle de la planète à 81 milliards de dollars, selon les résultats préliminaires de son étude Sigma pour 2018 et à mettre en lien avec les 144 milliards devisés pour 2017.

Sur le dernier partiel de l’an dernier, les incendies en Californie risquent à eux seuls de représenter une facture de 375 millions pour Swiss Re. La note des typhons Jebi et Trami a été revue à la hausse à 320 millions, tandis que celle de l’ouragan Michael doit atteindre 150 millions.

Les brasiers de Camp Fire et de Woolsey Fire avaient éclaté début novembre pour se propager rapidement, provoquant notamment la destruction de la ville de Paradise ainsi que l’évacuation de près de 350’000 personnes. Leurs coûts assurés pour le secteur pourraient avoisiner les 16 milliards de dollars. L’ouragan Michael pour sa part, considéré comme le plus violent depuis Andrew en 1992, a causé pour 8,5 milliards de dommages assurés sur la côte est des Etats-Unis.

La perte d’un satellite, un incendie sur un site industriel en Allemagne ou encore une recrudescence des déclarations de sinistre après des inondations causées par le barrage d’Ituango en Colombie auront généré une facture de 300 millions de dollars, qui devrait être réglée à parts plus ou moins égales par les unités Corporate Solutions et Reinsurance Business.

Seconde moitié d’année coûteuse

Swiss Re avait estimé en octobre dernier sa facture de prestations sur le troisième trimestre à 1,4 milliards de dollars, dont déjà quelques 300 millions pour les catastrophes d’origine humaine. Son étude Sigma évoquait en août pour le premier semestre et pour l’ensemble du secteur des dégâts assurés à hauteur de 36 milliards.

Les analystes accueillent froidement la facture présentée par Swiss Re pour la fin de l’année. UBS, qui comptait sur une note de 750 millions seulement, rappelle que la présentation d’une douloureuse comparable pour le troisième trimestre avait précédé un avertissement sur résultats.

La Banque royale du Canada (RBC) anticipe désormais un renchérissement des primes lors de la ronde de renouvellement printanière, susceptible d’éponger au moins une partie des pertes concédées sur l’année écoulée. L’établissement canadien ne s’inquiète ainsi pas outre-mesure pour le réassureur, qui présente par ailleurs de robustes réserves de capitaux.

JPMorgan également doute que la perte désormais anticipée sur le quatrième trimestre ait un impact visible sur la solidité financière du groupe ou sur le rythme annuel de ses rachats d’actions.

A la Bourse, l’action Swiss Re a fini en recul de 1,5% à 92,76 francs, dans un SMI en hausse de 0,74%.